Risques et dangers cachés de l’endoscopie, conduite à tenir

Abstract

La surface des canaux intégrés aux endoscopes n’est pas lisse. Les anfractuosités, irrégularités et recoins à l’intérieur et aux extrémités des canaux sont des points critiques où s’accumulent divers débris organiques provenant des patients (sang et tissu). Ces débris forment un biofilm de surface, siège d’une prolifération microbienne. Les endoscopistes doivent être parfaitement conscients de ce problème. L’utilisation d’optiques de 10 000 pixels pour vérifier le système canalaire et contrôler la surface par microscopie devrait être rendue obligatoire en pratique courante. L’analyse microbiologique seule, n’est pas suffisante. La combinaison de la micro endoscopie et d’une analyse microbiologique spécifique ou mieux par les nouvelles techniques (ATP-métrie) ou la réaction en chaîne de la polymérase, pourrait être le premier pas vers un meilleur contrôle du risque infectieux. Les patients doivent être informés de cette éventualité de même que les compagnies d’assurances de manière à évaluer le risque des actes endoscopiques. L’endoscopie de routine avec prise de biopsies est la procédure la plus fréquente et pourrait être réalisée avec un système à usage unique. Des gaines jetables pouvant être connectées à un endoscope solide (sans canaux intégrés) devraient pouvoir être mises à disposition pour plus de sécurité. Le coût d’une gaine jetable est de 15 à 20 euros. En plus de l’économie réalisée, le risque de contamination est éliminé. Lavage manuel, utilisation de laveurs-désinfecteurs ou contrôle de qualité ne sont plus nécessaires avec ce système. Nous ne saurions trop encourager les diverses firmes de matériel à améliorer la conception de leur matériel dans ce sens. L’endoscopie est une technique de premier ordre et les systèmes avec gaines jetables offrent sans aucun doute la meilleure sécurité possible. Commentaire: Cette publication fait suite à l’atelier pluridisciplinaire: « Standard et/ou flexibilité dans l’endoscopie gastro-intestinale haute — Aide au diagnostic et endoscopie interventionnelle » tenu lors du 9e congrès mondial OESO qui s’est déroulé du 6 au 9 avril à Monte Carlo, et dont Robert Giuli assurait la coordination scientifique. Tous les participants de cet atelier ont accepté de mettre sur pied un groupe de travail pluridisciplinaire visant à lutter contre la contamination par le matériel d’endoscopie. The surface of integrated channel systems is not smooth. The indentations, irregularities and bifurcation inside and at the exits of the channel systems are weak points, where fresh patient material (blood and tissue) remains. Biofilm-formation on the surface is the matrix for microbial growth. Endoscopists must be aware of this risk. The use of 10.000 pixel optics to check the channel system and to control the surface with the microscope should be a requirement in daily practice. The microbiological analysis alone is not sufficient. The combination of micro-endoscopy with a specified microbiological analysis or better with new techniques based on ATP monitoring or polymerase chain reaction may be the first step towards an improved control of the infection risk. The patients must be informed about these facts as well as the insurance companies in order to calculate the risk of endoscopy. The routine endoscopy with biopsy is the most common procedure and can be performed perfectly with a disposable system. Disposable tube systems connectable to a solid endoscope (without integrated channels) have to be available in order to avoid the risk. The estimated cost for 1 disposable tube system is 15–20 Euro. It is less expensive and without the risk of contamination. No manual cleaning of the tube system, no wash-disinfectors and no quality control of the tube system are necessary. We would like to invite the responsible companies in this field to collaborate. Endoscopy is an important tool and disposable tube systems at this moment are without any doubt the only safe way. Comment: This publication is based on the interdisciplinary workshop: “Standard and/or flexibility in the upper GI endoscopy — Ways to diagnostic and interventional endoscopy”. 9th World Congress of OESO in Monte Carlo (April 6–9th, 2008). Scientific coordination: Robert Giuli. All participants of this workshop agreed to constitute an interdisciplinary anti-contamination task force.

DOI: 10.1007/s10190-008-0009-4

6 Figures and Tables

Cite this paper

@article{Herrmann2008RisquesED, title={Risques et dangers cach{\'e}s de l’endoscopie, conduite {\`a} tenir}, author={Isabell Herrmann and Peter Heeg and B. Matteja and Hilde Strahl and Hansj{\"{o}rg Werner and Walter M. Boyce and Robert Giuli}, journal={Acta Endoscopica}, year={2008}, volume={38}, pages={493-502} }